Vendredi 30 mars 2018, 20h
St-Ursanne, collégiale
25 CHF/ tarif réduit / moins de 16 ans, gratuit

Réservations fermées, ouverture de la caisse à 19h15 (places disponibles)

Hadhoum Tunc, chant

Benjamin Steens, orgue

Programme détaillé en fond de page

Hadhoum Tunc a reçu son prix au Conservatoire de Reims. Douée d’une grande sensibilité musicale, elle s’adapte aussi bien à Debussy ou à Bizet qu’aux opéras de Monteverdi ou à la musique baroque.  De sa voix souple, elle sait modeler le son pour transmettre l’intensité des sentiments portés par la musique. Benjamin Steens est passionné de musique ancienne. Il mène des études brillantes en orgue, clavecin, basse continue et musicologie et est nommé titulaire des grandes orgues Cattiaux de la Basilique Saint-Rémi de Reims. C’est à Reims qu’Hadhoum Tunc et Benjamen Steens se rencontrent. Ils décident de monter des programmes originaux mettant en lumière des œuvres parfois injustement oubliées. Pour St-Ursanne et son orgue de style franco-alsacien restauré par Bertrand Cattiaux en 2004, ils ont choisi des œuvres du grand siècle français.

 

François Couperin, dont on fête cette année le 350ème anniversaire, a écrit une œuvre considérable dont plusieurs chefs-d’œuvre se rapportent à la Semaine Sainte et à la fête de Pâques.  En ouverture du concert de St-Ursanne, on entendra une de ses incroyables Leçons de Ténèbres, celle prévue pour l’office du Mercredi. Durant le règne de Louis XIV, on court en foule aux leçons de Ténèbres dans les couvents et les églises parisiennes. Ces œuvres présentent une musique beaucoup plus attractive que le plain-chant généralement pratiqué. Au fur et à mesure du déroulement de l’œuvre, on éteignait les bougies, jusqu’à obtention de l’obscurité, d’où le nom de ténèbres. A travers cinq poèmes acrostiches, Jérémie raconte la grande douleur causée par la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor. Le prophète y pleure la ruine de Jérusalem et la souffrance du peuple qui en fut chassé, tout en exhortant celui-ci au repentir. Au début de chaque verset la première lettre hébraïque est chantée, en souvenir de la langue dans laquelle les lamentations ont été écrites. Le verset « Jérusalem, convertis-toi », constitue une litanie finale et  s’impose au fidèle comme la nécessité de se tourner vers Dieu. La 3ème Leçon de Ténèbres de Richard De Lalande y répondra, en miroir, en conclusion de programme.

Entre ces deux monuments, Hadhoum Tunc servira un Salve Regina – Salut à la Vierge – décrivant Marie, éplorée au pied de la Croix, symbole même des mères meurtries par la mort insupportable de leurs enfants dans les conflits actuels. Cette œuvre fait partie d’un recueil de Motets composés par André Campra en 1695. Maître de chapelle respecté, organiste, amateur féru de théâtre, il succédera à De Lalande à la chapelle royale de Louis XIV. Sa musique, même religieuse, est empreinte d’opéra et décrit avec intensité les émotions.

Des pages intenses du célèbre Marc-Antoine Charpentier compléteront le programme. Il s’agira d’un Motet, où l’orgue joue la partie concertante réservée initialement aux cordes, dédié à Marie-Madeleine, pleurant la mort du Christ.

 

Hadhoum Tunc et Benjamin Steens

Louis Marchand

Fond d’orgue

 

André Campra

 Salve Régina

 

Jean Adam Guilain, de  la suite du deuxième ton

Prélude

Tièrce en taille

Duo

Trio de Flûtes

Dialogue

 

François Couperin

Première leçon de Ténèbres du mercredi 

Marc Antoine Charpentier

 Magdalena Lugens (avec transcription des parties de cordes à l’orgue)

 

Jean Adam Guilain,

Extraits des suites du troisième et quatrième ton

Plein Jeu

Dialogue de Voix humaine

Cromhorne en Taille

Dialogue

 

Michel Richard De Lalande

Leçon trois pour le vendredi