Te Deum de Charpentier – Ode à Ste Cécile de Purcell*

St-Ursanne, Collégiale

Samedi 22 janvier 2022 à 20h

Dimanche 23 janvier 2022 à 17h

« Enchantement de haute volée » – Télérama

40 / 30 / 20 CHF selon les catégories, réserver en ligne en cliquant ici ou par téléphone au +41 (0)79 593 01 70

Moins de 16 ans: gratuit

AI, étudiants et apprentis: moitié prix

Carte Culture: moitié prix

Ouverture des caisses une heure avant l’heure des concerts

Passe-sanitaire et masque obligatoires (certificat 2G suisse ou européen)

Entrée en Suisse: pas de restrictions pour les départements frontaliers (68, 25, 90, 39…)

En collaboration avec RTS-Espace 2

 

Ensemble Correspondances (page web ici)

Sébastien Daucé, direction

Chœur, solistes et orchestre

* Suite à des changements dans sa tournée, l’Ensemble Correspondances a enrichi son programme initial à St-Ursanne avec l’adjonction de l’Ode à Ste Cécile de Purcell.

 

L’Ensemble Correspondances est célèbre dans le monde entier pour ses interprétations de référence de la musique baroque du XVIIème siècle. Il donnera en première partie le grand Te Deum composé par Marc-Antoine Charpentier, joué pour la première fois en 1699. Il s’agit d’une des œuvres de musique classique les plus jouées. Le prélude, air joyeux et populaire, est notamment utilisé comme hymne de l’Eurovision. Le Te deum sera suivi de Super flumina Babylonis, un grand motet de Henry du Mont, organiste et compositeur de musique baroque flamand qui a notamment inspiré Lully.

La seconde partie du programme sera consacrée à Hail ! Bright Cecilia, ou Ode à Ste Cécile de Henry Purcell. Cette œuvre maîtresse du compositeur anglais est un véritable hommage à la musique.

 

Programme

Henry du Mont (1610-1684)

Allemande – Sinfonie

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)

Te Deum H.146, pour solistes, chœur et orchestre

Henry du Mont

Super flumina Babylonis, pour chœur et orchestre

Allemande grave

Henry Purcell (1659-1695)

Hail ! Bright Cecilia, pour solistes, chœur et orchestre

 

photo Bertrand Pichène, Ambronnay

 

Dessus 

Caroline Weynants, Caroline Bardot, Margot Genet, Marie-Fred Girod

Haute-contre

Blandine de Sansal, David Tricou, Vojtech Semerad

Taille 

Antonin Rondepierre, Thilbault Givaja, Jordan Mouaïssia

Basses-taille

Thierry Cartier, Etienne Bazola

Basses

Adrien Fournaison, Maxime Saïu

 

Violons

Josèphe Cottet, Xavier Sichel, Sayaka Shinoda

Altos

Samuel Hengebaert, Birgit Goris

Violes

Mathilde Vialle, Julie Dessaint,  Louise Boudeo

Violone

Étienne Floutier

Basses de violon

Hager Hanana, François Gallon

Théorbe

Thibaut Roussel

Clavecin

Guillaume Haldenwang

Basson

Nicolas Rosenfeld

Trompettes

Jean-Daniel Souchon, Julien Zimmermann, Pierre-Yves Madeuf

Flûtes

Lucile Perret, Matthieu Bertaud

Hautbois

Johanne Maitre, Neven Lesage

Timbales

Koen Plaetinck

Grand orgue

Gabriel Wolfer

Orgue & direction

Sébastien Daucé

 

Marc-Antoine Charpentier est né en 1643 en Ile-de-France et mort à Paris en 1704. Il commence sa carrière par un voyage en Italie où il fréquente Giacomo Carrissimi. De retour en France, il se met au service de la duchesse de Guise. A la mort de celle-ci, en 1688, il est employés par les établissements jésuites parisiens puis par les Carmélites. Il est également maître de musique des enfants de la Sainte Chapelle du Palais. Jamais il ne composera pour la cour de Versailles. La place était occupée par Lully qui avait mainmise sur toute la musique de la cour. Au cours de sa vie, Marc-Antoine touche à tous les genres, de la musique sacrée à la musique profane en passant par la musique de scène.  Il a donc écrit une œuvre considérable de plus de 800 pièces. 500 d’entre elles, que le compositeur lui-même avait pris soin de classer, sont parvenues jusqu’à nous. Cette collection, appelée Mélanges, est l’un des plus beaux ensembles de manuscrits musicaux de tous les temps. Elle a été vendue à la bibliothèque Royale en 1727, par ses neveux, héritiers dépositaires. Malgré le fait que Marc-Antoine Charpentier ait dominé le 17ème siècle musical français par l’ampleur de son œuvre mais aussi par l’excellence et le côté novateur de celle-ci, sa musique tombera dans l’oubli jusqu’en 1953, date à laquelle le Te Deum H146 est redécouvert. Son interprétation suscite un engouement tel que l’entier de son œuvre est exhumée. De nombreux artistes vont programmer et enregistrer cette musique. Le centre de musique baroque de Versailles va mener un travail de recherche qui a abouti à l’édition des œuvres complètes ainsi qu’à leur analyse. Charpentier est aujourd’hui le compositeur le plus enregistré et le plus joué en concert.

Te Deum…

Le Te Deum H146 est certainement une des œuvres les plus connues de l’histoire de la musique. Présentée pour la première fois en 1699, cette œuvre est restée populaire. Presque un « tube » ! Les huit premières mesures du Prélude, air joyeux mettant en avant le roulement des timbales et l’entrée claironnante des trompettes sont notamment utilisées comme indicatif de l’Eurovision. A l’époque de sa composition, Marc-Antoine Charpentier était maître de chapelle à l’église jésuite St-Louis à Paris. Il conçoit cette œuvre comme un grand motet versaillais pour célébrer la victoire de Louis XIV à la bataille de Steinkerque contre la coalition anglo-hollandaise. Le compositeur choisit la tonalité de ré majeur qui, d’après sa propre théorie, est une tonalité joyeuse et martiale qui convient aux chants d’allégresse et de reconnaissance. Il est de ce fait écrit pour un effectif important : cinq chanteurs solistes, un chœur à quatre voix et un orchestre comportant violons, altos, violes de gambes, flûtes, hautbois, basse continue, trompettes et timbales. Le fameux Prélude est une marche en forme de rondeau au refrain solennel. Les couplets apportent légèreté et mobilité par l’absence des instruments brillants. S’ensuivent les versets de louanges dans lesquels prédominent tantôt les chœurs, tantôt les solistes. Le final est une grande fugue pour chœur.

 

Motet …

Henry Du Mont est né en 1610 dans les Flandres. Il mènera l’essentiel de sa carrière d’organiste et de compositeur à Paris. Il dirigera la musique religieuse de la cour de Louis XVI jusqu’en 1683, année précédant sa mort à l’âge de 74 ans. Les œuvres d’Henry de Mont, et tout particulièrement ses motets, font preuve d’une grande maîtrise du contrepoint et d’une remarquable modernité. Il est une figure du Grand Siècle et il inspirera de nombreux compositeurs dont Lully. Dans le Motet choisi pour St-Ursanne, la distribution distingue un petit chœur de 5 voix solistes, un grand chœur à 5 voix et un groupe instrumental. Les 34 chanteurs et instrumentistes s’assemblent, se décalent, se dispersent et se rejoignent tout au long des versets qui s’enchaînent et proposent des affects variés.

 

….et Ode à Ste Cécile

La «brillante Cécile» qui est saluée dans cette splendide ode d’Henry Purcell est Sainte Cécile, patronne des musiciens. L’œuvre est restée célèbre depuis sa création à Londres en 1692, sous les applaudissements du public qui a réclamé et obtenu une seconde exécution.  Tous les instruments de musique s’inclinent devant Sainte Cécile, protectrice de l’harmonie, même cette wondrous machine qu’est l’orgue; ce qui fournit à Purcell l’occasion d’évoquer le luth mélodieux, le violon aérien, la flûte langoureuse …Purcell utilise de façon variée un important effectif dans chacune des treize parties qui composent l’œuvre. Finalement, c’est la musique et l’art qui sont honorés dans cette ode plutôt que la sainte. Ceci revêt une signification particulière durant la période que nous traversons.

Le grand orgue ponctuera le programme de deux pièces tirées de l’œuvre de Du Mont, œuvre appréciée pour la grâce et l’élégance de son écriture.

 

Fondé à Lyon en 2009, Correspondances réunit sous la direction du claveciniste et organiste Sébastien Daucé une troupe de chanteurs et d’instrumentistes, tous spécialistes de la musique du Grand Siècle. En quelques années d’existence, Correspondances est devenu une référence dans le répertoire de la musique française du XVIIè siècle. Sous les auspices des correspondances baudelairiennes, l’ensemble donne aussi bien à entendre une musique aux sonorités qui touchent directement l’auditeur d’aujourd’hui qu’à voir des formes plus originales et rares telles que l’oratorio ou le ballet de cour portés à la scène.

L’attachement de l’ensemble autant à faire revivre des compositeurs à la renommée déjà confirmée qu’à revivifier l’image de musiciens peu connus aujourd’hui mais joués et plébiscités en leur temps a donné naissance à seize enregistrements salués par la critique : Chocs de Classica, ffff de Télérama, Diapasons d’Or, Prix de la Critique Allemande du Disque, Echo Preis du World Premiere Recording of the Year 2016, Editor’s Choice de Gramophone, Opera Recording of the Year 2016 pour Limelight Magazine, Prix Charles Cros…

Tous ces enregistrements témoignent des fondamentaux de l’ensemble et de l’esprit de découverte qui y prévaut : avec Marc-Antoine Charpentier pour “O Maria !” (2010), les “Litanies de la Vierge” (2013), la “Pastorale de Noël et O de l’Avent” (2016), “La Descente d’Orphée aux Enfers” (2017) ou ses “Histoires Sacrées” (2019), Antoine Boesset avec “L’Archange et le Lys”, (2011), Etienne Moulinié et ses “Meslanges pour la Chapelle d’un Prince” (2015), Henry du Mont dans “O Mysterium” (2016), Michel-Richard de Lalande dans ses “Leçons de Ténèbres” avec Sophie Karthäuser (2015), ou encore “Perpetual Night”, explorant la naissance de la monodie anglaise au 17ème siècle avec l’alto Lucile Richardot (Choc Classica de l’année 2018, Diapason d’Or de l’année 2018, ffff Télérama, Diamant d’Opéra Magazine, Prix de la critique allemande du disque 2018, Prix Caecilia 2018 de l’Union de la presse musicale belge). Fruit d’un travail de recherche de trois ans, la reconstitution exceptionnelle de la partition du Ballet Royal de la Nuit a permis de redécouvrir un moment musical majeur du XVIIè siècle, jusqu’alors inouï et qui inaugura le règne du Roi Soleil. Après le succès public et critique du Concert Royal de la Nuit (harmonia mundi, 2015), l’ensemble a retrouvé ce spectacle extraordinaire en 2017 et en 2020 au théâtre de Caen, dans une mise en scène contemporaine de Francesca Lattuada. La captation de ce spectacle hors-normes est parue dans un coffret rassemblant enfin l’intégralité de la musique.  

Correspondances est en résidence au théâtre de Caen. Il est ensemble associé au Musée du Louvre et à la vie brève – Théâtre de l’Aquarium.  Correspondances est soutenu par le Ministère de la Culture – DRAC Normandie, la Région Normandie, la Ville et le théâtre de Caen.  La Fondation Société Générale est grand mécène de l’ensemble Correspondances. L’ensemble est aidé par la Fondation Correspondances qui réunit des mélomanes actifs dans le soutien de la recherche, de l’édition et de l’interprétation de la musique du XVIIème siècle.

Il reçoit régulièrement le soutien de l’Institut Français, de l’ODIA Normandie et du Centre National de la Musique pour ses activités de concert, d’export et d’enregistrements discographiques. L’Ensemble Correspondances est Membre d’Arviva – Arts vivants, Arts durables, et s’engage pour la transition environnementale du spectacle vivant. L’ensemble est membre de la FEVIS, du Profedim et du Réseau Européen de Musique Ancienne.

 

Organiste, claveciniste, Sébastien Daucé est animé par le désir de faire vivre un répertoire foisonnant et encore peu connu : celui de la musique française du XVIIe siècle. Il fonde alors dès 2009 l’ensemble Correspondances, qu’il dirige depuis le clavecin ou l’orgue, et avec lequel il parcourt la France et le monde et enregistre fréquemment pour la radio. Son exploration d’un répertoire peu joué, souvent inédit, aboutit avec le soutien du label harmonia mundi, pionnier à bien des égards dans le répertoire baroque, à une discographie de seize enregistrements remarqués par la critique. Parallèlement à ses activités de musicien, Sébastien Daucé collabore avec les meilleurs spécialistes du XVIIe siècle, publiant régulièrement des articles et participant à d’importants projets de performance-practice. Passionné par la question du style musical, il édite la musique qui constitue le répertoire de l’ensemble, allant jusqu’à en proposer quand cela s’impose, des recompositions complètes (Le Ballet Royal de la Nuit).