Deux géants de la musique allemande comme pôles du programme
Intitulé « Echos de Leipzig », le programme des Vocalistes Romands s’élabore entre deux pôles majeurs de la musique baroque. Le premier, Johann Hermann Schein, alors cantor de l’église Saint Thomas de Leipzig, fait paraître en 1623, son prodigieux recueil de motets « Les Fontaines d’Israël ». Schein se tourne vers les nouvelles tendances venues d’Italie, véritable laboratoire d’expériences en matière d’expression des émotions induites par le texte. Ceci se manifeste par des contrastes rythmiques extrêmes, des enchaînements d’harmonies bouleversants, et parfois même des “dissonances” strictement défendues jusqu’alors. Le chœur de la région lémanique lui consacrera sept de ses plus beaux motets. L’autre grand pôle, Jean-Sébastien Bach, est intimement lié au nom de la ville de Leipzig. Le programme lui consacrera le grand motet à 5 voix « Jesu meine Freude » (Jésus, ma Joie). Il s’agit d’une œuvre de maturité accomplie : plan architectural élaboré, message théologique très dense mais aussi grande profondeur humaine. Schein et Bach sont reliés entre eux par quatre compositeurs qui occupèrent le poste dans l’intervalle : Tobias Michael, Sebastian Knüpfer, Johann Schelle et Johann Kuhnau. Le chœur leur consacrera des œuvres plus brèves. Les Vocalistes Romands, dirigés par Renaud Bouvier, seront accompagnés d’un continuo constitué du théorbe, du violoncelle et du grand orgue, tenu par Benoît Zimmermann, titulaire de l’orgue Ahrend de Payerne, l’autre ville suisse qui possède un instrument de ce facteur d’orgues. Benoît Zimmermann fera entendre quelques pièces entre les motets du chœur.
Les Vocalistes Romands sont un ensemble vocal d’une trentaine de chanteurs dont la réputation tient en partie à une programmation qui sort des sentiers battus du répertoire habituel. L’ensemble travaille des pièces exigeantes dans une optique qui privilégie l’esprit de la musique de chambre et qui explore plusieurs styles au travers de différentes époques: œuvres a cappella, ou avec piano, quatuor à cordes, petit ensemble instrumental. Bach, Brahms, Liszt ou Schubert côtoient des compositeurs plus tardifs.
Les Vocalistes Romands aiment aussi créer des œuvres, ce qui leur permet d’approfondir leur approche musicale au contact des compositeurs vivants tels que Valentin Villard, Jérôme Berney, Michel Hostettler ou Fabrizio Di Donato.
Leur activité les amène à se produire dans toute la Suisse romande ou à l’étranger lors de leurs nombreux concerts, festivals ou collaborations radiophoniques. Ils sont dirigés par Renaud Bouvier, chef qui dispose d’une expérience de direction chorale complète depuis 2003. Actif en parallèle durant vingt ans dans l’édition et la recherche littéraire universitaire, il aime aborder le répertoire avec curiosité et rigueur. Actuellement, il est à la tête de quatre chœurs de haut niveau. Directeur exigeant, il s’attache sans relâche à toujours renouveler l’étroite proximité qui unit interprètes, compositeurs et auditoires.
Johann Hermann SCHEIN (1586 à 1630)
Israelsbrünnlein (1623), 26 motets composés dans la manière des madrigaux italiens,
Choeur à 5 voix et BC.
— O Herr, ich bin dein Knecht (1)
— Freue dich des Weibes deiner Jugend (2)
— Die mit Tränen säen (3)
— Ich lasse dich nicht (4)
— Zion spricht : der Herr hat mich verlassen (7)
— Da Jakob vollendet hatte (10)
Tobias MICHAEL (1592-1657)
— Unser Trübsal, die zeitlich und leichte ist, choeur à 5 voix a cappella.
Sebastaina KNÜPFER (1633-1676)
— Erforsche mich Gott, double choeur à 4 voix et BC.
Johann SCHELLE (1648-1701)
— Komm, Jesu, Mein Leib ist müde, choeur à 5 voix et BC.
Johann KUHNAU (1660-1722)
— Tristis est anima mea, choeur à 5 voix a cappella.
Johann Sebastian BACH (1685-1750)
— Jesu meine Freude, motet à 5 voix et BC.